Une semaine de fête, une année d'exception.

2018 l'anniversaire des 50 ans du Golf de Bondues

Retrouvez toutes les photos de la grande semaine dans notre galerie photo dans votre espace membre.

24 Juin 2018 - l'histoire de notre club par Gilbert Lotigie

Bonsoir à tous.

Olivier m 'a demandé de vous raconter une belle histoire, celle de la naissance de notre golf.

Comme toutes les belles histoires, elle commence par "il était une fois".

Donc il était une fois, dans les années 60, un petit coin de France qui avait très mauvaise réputation. On disait qu'il y faisait toujours mauvais, que tout était gris et sale, qu'en dehors du travail, il n'y avait rien, que les gens de là-bas parlaient un langage incompréhensible. On disait tellement de mal de notre petit coin que personne ne voulait y venir travailler et surtout pas y habiter.

Dans ce vilain petit coin de France, il y avait quand même un golf : le golf du Sart. Ses plus proches voisins étaient en Belgique les golfs de Mons et de Gand et en France, il fallait descendre jusqu'à la côte pour trouver Wimereux, Hardelot et Le Touquet. C'était l'époque où il y avait environ 60 parcours de golf associatifs en France, 40 000 licenciés et où tous les pros enseignants étaient basques.

Tout allait bien au golf du Sart jusqu'à ce que son Président annonce que les plans d'aménagement de la Métropole prévoyaient que du côté du Club House allait passer un canal à grand gabarit et que du côté du fort, une caserne de CRS devait être construite. Il allait faire son possible pour sauver le club mais l'avenir lui semblait très sombre.

Quelques membres que la perspective d’une heure trente de voiture pour aller jouer au golf ne réjouissait pas, ayant appris que de nouveaux parcours s'ouvraient à Paris, décidèrent de s'y rendre pour découvrir le mode d’emploi. Avec le culot de la jeunesse, ils demandèrent à visiter Saint Nom la Bretèche et à être reçu par le père de Gaétan MOURGUE D'ALGUE cheville ouvrière du projet. Ils firent de même auprès du golf d'Ormesson et demandèrent également à être reçus par Le Comte d'ORMESSON, son propriétaire et créateur. Les deux acceptèrent de guider la visite et prirent le temps d'expliquer le mécanisme de leurs réalisations.

- Trouver une surface suffisante pour y loger un golf de 18 ou de 36 trous et un lotissement.

- Avoir un potentiel de membres suffisant pour lancer le projet.

- Avoir les fonds nécessaires pour démarrer l’opération, l’immobilier finançant la construction du golf et le golf valorisant l’immobilier.

C'était simple et efficace mais il fallait trouver le porteur du projet. Nous avions l'oiseau rare dans le Nord.

En effet depuis un certain temps, Albert PROUVOST, un des grands patrons du textile, s’était intéressé aux problèmes de logements et avait mis en place une contribution patronale destinée à faciliter le financement de logements sociaux. 

Peu après, conscient de la difficulté de faire venir des cadres dans le Nord et de s’y loger, Albert PROUVOST avait également lancé la construction du lotissement du Bois d'Achelles. Dans cette optique, la construction d'un golf associé à un lotissement était une réponse présentant le double avantage d’accroître la possibilité de construire et de jouer au golf dans la métropole.

Après un premier rendez-vous pour exposer le projet, Albert PROUVOST demandait 15 jours de réflexion. Au deuxième rendez-vous, il donnait son feu vert de principe pour mener l'opération tout en précisant qu’il ne connaissait rien au golf.

La présentation du projet suscita un vif intérêt et les souscripteurs furent rapidement nombreux. Parmi eux plusieurs sociétés de la région qui, raisonnant long terme, souscrivirent pour que leurs cadres puissent bénéficier du droit de jeu et pratiquer le golf.

L'architecte britannique Fred HAWTREE qui avait le vent en poupe en Europe signa pour 18 trous (parcours HAWTREE). Au cours de ses fréquents voyages aux Etats Unis, Albert PROUVOST contacta Trend JONES, le créateur du « TARGET GOLF » dont la notoriété devenait mondiale. Trend JONES signa pour 9 trous supplémentaires en attendant de pouvoir continuer les neuf derniers trous

Parallèlement, le montage juridique se mettait en place constitué d'une société anonyme propriétaire du terrain et d’une association loi 1901 pour l'activité sportive. La rénovation du château commençait et l'abri à bestiaux utilisé par le fermier-locataire se transforma petit à petit en un élégant bâtiment destiné à devenir club-house. Un premier comité fut nommé présidé par Lucien HEINDRICKX.

Le train était sur ses rails et il fallait commencer à jouer au golf sans terrain. Le minimum était d’avoir un practice pour taper des balles et prendre des leçons. On posa quelques tapis dans le verger et après avoir sélectionné un professionnel, le président de l'association et quelques joueurs partirent au golf de Gand pour un test grandeur nature.

Le parcours fut concluant et Pierre ITURIOZ commença à former des générations de joueurs. Plus tard il fut rejoint par André VANDAME qui est parmi nous ce soir.

Pendant ce temps, notre environnement bougeait également. Selon les mêmes principes, c'est à dire l'association d'un golf et d'un lotissement, un groupe d’investisseurs et de golfeurs démarrèrent la construction d’un parcours sur les terres du Comte Montalembert à proximité de Villeneuve d’Ascq. L'architecte britannique Bill BACKER était retenu. Le golf de Brigode était né. Les incertitudes sur le devenir du Sart n'étaient pas levées et on y jouait toujours. La métropole passait de 18 trous à 18 + 27 + 18.

Cette multiplication trop rapide de l’offre déstabilisa le marché et pendant tout un temps, nous eûmes beaucoup de peine à joindre les deux bouts, allant jusqu’à déposer dans les boîtes aux lettres des nouvelles maisons du lotissement, des offres très attractives pour inciter les nouveaux occupants à démarrer le golf.

Le projet complet comportait 36 trous. La surface pour les derniers 9 trous avait fait l’objet d’une promesse de son propriétaire en notre faveur. Jusqu’à ce que l’on découvre que les terres que l’on croyait solidement verrouillées étaient tombées dans l'escarcelle de Bernard ARNAULT alors dans l’immobilier.

La présidente Annie HUET commençait son mandat et il fallait trouver les quelques hectares manquants pour que l’architecte accepte de dessiner neuf trous supplémentaires.

Avec l'aide éclairée de Jean Gabriel TAMBOISE, et au bout d’une dizaine d’années d’efforts, nous avions enfin les surfaces suffisantes pour la construction des neuf derniers trous.

Entretemps, Trend JONES père, ne souhaitant plus voyager à cause de son âge, nous proposait son fils Bob pour terminer nos neuf derniers trous. La réputation du fils égalant celle du père et après quelques mises au point, nous débutions la construction des neuf derniers trous, c'est-à-dire sur le Trend Jones actuel, les 1 2 3 4 5 6 7 et partiellement 10 et 11.

Dans son équipe, Bob JONES avait délégué nos neuf trous à son adjoint Kyle PHILIPS. On sait ce qu’il advint de Kyle PHILIPS qui est maintenant régulièrement cité comme faisant partie des dix meilleurs architectes de la planète golf.

L’entreprise générale était hollandaise, le shaper américain, le chef de chantier canadien. Les réunions de chantier s’apparentaient à la tour de Babel. Cependant avec l’aide précieuse de Willem Van MOORSEL pour le hollandais, le chantier pouvait progresser normalement.

L’inauguration des derniers neuf trous en 1989, en présence d’Albert PROUVOST et de Bob JONES et de Paul ASTIER, Maire de Bondues et maintenant membre chez nous, marqua le terme de plus de vingt années d’efforts pour terminer la construction de nos parcours toujours attractifs tant pour le golfeur de loisir que pour le compétiteur de haut niveau si j’en juge par la longueur de notre liste d’attente. Merci pour le choix d’architectes de qualité.

Nos statuts et l’articulation juridique SA / ASGB fonctionnent depuis 50 ans sur des bases inchangées. Merci à nos conseils de l’époque.

Mais en fait dans les remerciements, j’aurai dû commencer par le golf du Sart, toujours bon pied, bon œil, qui a récemment fêté son centenaire et sans qui, nous n’existerions pas aujourd’hui.

Merci aux décideurs de l’époque, les Albert PROUVOT, Henri POLLET SIX et ses amis, Lucien HENDRICKX qui ont pris des risques pour nous mettre au monde.

Merci à l’armée innombrable des bénévoles qui, le plus souvent avec très peu d’aide, se sont retroussés les manches et ont construit ce que nous sommes aujourd’hui, un grand club associatif parmi les meilleurs pour le sport et l’enseignement des jeunes.

Merci à la non moins nombreuse armée des épouses et des époux des bénévoles qui ont accepté les absences de leur conjoint.  Je profite de l’occasion pour remercier tout particulièrement ma très charmante épouse pour ses 50 années de patience.

Merci à nos salariés qui nous ont aidés à entretenir la dynamique de notre association, la qualité de nos terrains, de nos installations et de notre restauration.

Et enfin, merci à notre fédération et tout particulièrement à Jean-Loup CHARRON, son président, ainsi qu’aux délégués de ligue pour leur aide permanente.

Plaise au ciel que nous puissions continuer d'avoir des présidents et des comités motivés par la recherche de l'excellence.

Je vous remercie pour votre écoute.