Le portrait du mois : Dominique LAVERSIN

Comme nous vous l’avions annoncé, notre nouveau greenkeeper, Dominique LAVERSIN est arrivé le 19 août dernier. 

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A cette occasion, nous avons le plaisir de vous le présenter dans l’interview du mois :
Dominique a débuté dans le monde du golf à 21 ans. C’est une discussion avec David Blowski, lors d’un mariage qui a tout déclenché. Ce dernier, responsable au CFPPA de Dunkerque, ouvrait une session d’intendant de golf. A l’époque Dominique se projetait paysagiste, et souhaitait déjà entretenir des espaces verts. Sa formation a donc débuté en 1987-1988 à Dunkerque où il intégra la 3eme promotion. Ses stages ont été réalisés au golf de Raray en région parisienne. Son diplôme d’intendant dans la poche, il a souhaité partir ailleurs…
On disait que la famille Durand de la Cristallerie d’Arques (et membre d’Hardelot) voulait construire un golf. Dominique a donc participé à la création du golf de St Omer en tant que greenkeeper. Il a été chargé d’une mission : emmener ce parcours au plus haut niveau dans son entretien.

Les années passant le club a vite évolué, voyant sa réputation et son niveau de jeu atteindrent ses objectifs fixés. Les compétitions double badge (50% european tour, 50% challenge tour), les championnats de France, l’Open de St Omer, sont autant de compétitions qui ont permis au club de monter en puissance.

Avec une cadence soutenue, ces 24 Opens de St Omer ont toujours été un vrai challenge et une grande satisfaction grâce à une équipe motivée et passionnée. Malgré des aléas climatiques et les soucis matériels et personnels, le contrat a toujours été rempli.

Dominique est passionné et ça se ressent. Son expérience est intéressante, et ses anecdotes aussi. Il nous raconte comment il y a 3 ans, lors de l’Open, 20 mm de pluie sont tombés en 1/4 d’heure. Suite aux arrêts de jeu, il a fallu remettre en état les bunkers. Alors que le jeu ne reprenait que le lendemain, et après la fin des départs jusque 22h, l’équipe terrain a dû intervenir à 5h du matin mais c’était sans compter sur le 2eme orage qui, à la même heure, a déversé près de 20mm d’eau… rejouant le même scenario que la veille.

« J’aime les challenges et la satisfaction personnelle qu’ils représentent même sous la pression. », nous confie Dominique. A 54 ans, il décide de partir de St Omer pour en relever un nouveau. Mais il ne souhaitait pas aller n'importe où, il était déterminé : « c’était Bondues ou rien ».

Responsable de l’AGREF, association de greenkeeper depuis 2000 ; Dominique avait eu l’occasion de se rendre à Bondues à plusieurs reprises. Ce n’était pas l'inconnu, dans son esprit Bondues avait une vraie réputation dans les golfs du Nord, et était connu pour être structuré.

Mais comment ne pas lui poser cette question : en 30 ans attaché à St Omer, comment vivre cette séparation ?

Sa réponse si naturelle a vraiment été convaincante : « Je suis tellement happé par le projet de Bondues que ces 3 premières semaines m’ont paru être 3 jours ».

Il a évidemment posé le pour et le contre ; mais ce qui a fait pencher la balance, est de relever le défi dans notre club, à ses yeux, prestigieux. Et nous en sommes flattés !

Arrivé le 19 août, Dominique a été accueilli comme il se doit et à de suite été intégré par l’équipe terrain. Il a apprécié avoir été invité au traditionnel barbecue des jardiniers lors du Grand Prix et le fait d’avoir pu croiser l'équipe plusieurs fois avant de commencer a facilité ses 1ers jours.

Dominique a pu se rendre compte que nous avions une équipe plus conséquente mais cela fait évidemment partie de son job passion, l’humain. C’est pourquoi, ces premiers mots à l’équipe ont été la cohésion et le respect mutuel. Le management est un travail quotidien, difficile mais très enrichissant et pour développer cette compétence, Dominique a suivi 3 ans de formation en technique de greenkeeping management.

Alors comment voit-il son futur au Golf de Bondues ?

Sa priorité est fixée sur la qualité d’entretien des greens, la finalité du jeu de golf est primordiale pour tout golfeur.

Augustin (greenkeeper adjoint) a fait un très bon travail de remise en état des greens ; ils avaient perdu en densité de gazon. Grâce à leurs concertations téléphoniques préalables, la situation a bien été gérée. Aujourd’hui les greens sont bons mais le travail est constant pour reprendre une vitesse et une ligne de putt. Dans la technique, Dominique précise qu’il est nécessaire de refaire de la feuille et d’avoir une densité avant d'obtenir la vitesse. Les techniques évoluent avec le temps.

Les fairways et leur approvisionnement en eau sont aussi capitaux ; le climat change, les été secs se succèdent. La peur s’installe pour l’avenir et l’important est d’anticiper les besoins en eau. L’heure est à l’économie et nous devons nous adapter. Les solutions sont progressives, la réduction d’eau tombe mal alors que nos greens ont grandement besoin d’eau. Alors nous utilisons des mouillants pour optimiser l’arrosage et utilisons des astuces pour ne pas consommer inutilement comme la mise en place de capteurs qui coupent l’arrosage par temps pluvieux.

L’autre solution apportée est la réduction d’engrais pour éviter la pollution. Et pour se faire, Dominique nous livre une de ses recettes « fait maison », le système consiste à faire infuser du compost venant du parcours (accumulation de feuilles par exemple) qui contient de multiples microorganismes qui entrent en action dû à la dégradation de la feuille. La tourbe récupérée est donc infusée dans une grosse cuve, et oxygénée pour multiplier les microorganismes. Dans les 24h qui suivent l’infusion filtrée est pulvérisée sur les greens pour apporter de la vie microbienne aux greens qui manquent d’oxygène. Les greens accumulent l’humidité et manquent d’oxygène, ce qui favorise le développement des maladies ; leur aération et l’apport de microorganismes sont donc essentiels.

A 54 ans, Dominique est déterminé et son envie d’avancer lui permet de n’avoir aucun regret. Ses 2 grands enfants le soutiennent, il a notamment été poussé par son fils Charles (de 18 ans), ce qui l’a aussi décidé à terminer sa carrière à Bondues.

La transmission de ses connaissances et de son savoir lui sont essentiels, « la rétention d'information est un désir de pouvoir » aime-t-il dire. La formation de son adjoint Augustin lui apporte beaucoup ; le rythme trouvé, l’échange dans le travail et la communication entre ce binôme intergénérationnel est déjà formidable. D’ailleurs son empathie envers ce dernier est remarquable, il nous confie que le fait d’avoir Augustin en tant qu’adjoint a également été décisif à sa venue. Très à l’écoute de son équipe, il souhaite développer encore et toujours la communication entre chacun et connaître les difficultés rencontrées.

Dominique souhaite diffuser au mieux tout ce qui est entrepris sur les terrains et surtout pour quelles raisons cela est fait.

Bienvenue au Golf de Bondues Dominique !